Cette newsletter est la deuxième étape d’une mini-série personnelle.
Avant de plonger ensemble dans le futur coeur de cette newsletter, les pratiques concrètes de santé vivante, je voulais partager à nouveau d’où je pars et ce qui m’a poussé à créer Baobab.
Je crois profondément qu’on ne peut pas transmettre ni accompagner sans s’être d’abord regardé en face. Se renforcer, ce n’est pas seulement respirer, jeûner ou s’exposer au froid : c’est aussi un travail d’introspection, comprendre ses mécanismes, et se réconcilier avec soi-même.
Ces textes racontent donc la genèse de Baobab.
Ils sont personnels, mais ils donnent le contexte et les fondations de tout ce que je partagerai ensuite ici.
L’effondrement
Il y a des dates qui marquent un avant et un après.
Pour moi, ce fut novembre 2023.
J’ai touché un point de rupture. Le corps saturé d’angoisses. Les nuits blanches à ne pas savoir si j’allais tenir. Le cœur serré par une peur viscérale de mourir.
Je ne parle pas d’une angoisse passagère. Je parle d’un état où chaque respiration devient lourde, où chaque pensée se retourne contre toi, où tu sens ton système nerveux prêt à exploser. Un état où tu perds pied avec le monde extérieur et où tu n’as plus qu’une obsession : survivre.
J’avais déjà traversé des périodes compliquées. Mais là, c’était différent. C’était le fond du fond. Une descente brutale.
« Je ne veux plus jamais revivre ça. »
Ce n’est pas une résolution intellectuelle. C’est un serment viscéral. Mon nouveau cap intérieur !
La mécanique de la trahison
En décortiquant ce qui m’avait conduit à cet effondrement, une évidence s’est imposée : je m’étais trahi toute la vie !
En acceptant des jobs par défaut, sans jamais choisir, juste en “prenant le 1er job qu’on m’offrait”.
En entrant dans des logiques de business déconnectées de mes valeurs profondes.
En étouffant mes intuitions, mes élans créatifs, pour coller à des modèles qui n’étaient pas les miens.
En jouant le jeu de la conformité molle, parce que c’était plus simple, plus rassurant, plus “professionnel”. Je me démarque dans le groupe mais au moins je fais partie d’un groupe…
Chaque compromis arrachait un morceau de mon intégrité. Et chaque “trahison” intérieure nourrissait un peu plus mes angoisses.
L’angoisse n’était pas un accident. Elle était, entres autres, le prix de toutes ces micro-trahisons accumulées.
Le monde mort
Le mot qui m’est venu, c’est celui-là : mort.
Je vivais dans un monde mort, je participais à un monde mort.
Un monde où :
les aliments sont pasteurisés, aseptisés, transformés jusqu’à être vidés de leur essence propre, de leur âme,
les entreprises sacrifient l’éthique pour la marge,
les process écrasent la créativité,
le marketing vend du bullshit avec des slogans creux,
la santé est déléguée à des protocoles standardisés,
la performance se mesure en chiffres et pas en joie,
la vulnérabilité est cachée, étouffée, considérée comme une faiblesse
les médias ne relaient que des éclaboussures négatives
Un monde où la vie perd son goût, sa couleur, son intensité vraie (pas celle de la course effrénée contre le temps).
Je me souviens d’un épisode précis, qui symbolise cette trahison. Lorsque j’avais lancé une société de production de fruits rouges avec des amis, je croyais sincèrement que j’allais vivre “les mains dans la terre”, aligné avec mes valeurs. En réalité, les arbitrages économiques sont sans compromis éthiques et standardisé par toute la filière. On ne peut pas être plus royaliste que le roi me disait l’un de mes associés.
Un soir, une image m’a hanté : une mère qui écrase nos framboises pour nourrir son bébé. Et moi, sachant que ces fruits étaient chargés de produits chimiques.
J’ai eu envie de vomir !
Trahison de mes valeurs, trahison du vivant, trahison de la confiance des gens.
Le prix du conformisme
À force de compromis, j’ai fini par m’anesthésier.
À force de jouer un rôle, j’ai fini par me perdre.
À force de dire oui quand mon cœur criait non, j’ai fabriqué mes propres angoisses.
Le conformisme, ce n’était pas seulement “s’aligner avec les autres”. C’était surtout me couper de moi-même.
Et voilà où ça m’a mené :
un corps épuisé, sous tension permanente,
un mental obsédé par la survie,
un cœur étouffé par la peur,
une vie sans saveur, sans direction claire, dénuée de sens
à la sensation intérieure que je n’utilise pas mon potentiel, pire que je le gâche
Alors j’ai dit stop. Pas un stop théorique, pas un slogan. Un stop viscéral, gravé dans ma chair. Je me promets d’oeuvrer de tout mon possible pour rester fidèle à mes valeurs. Que je ne sacrifierais mon intégrité pour “rentrer dans les cases”. Personne n’est 100% libre du regard des autres. Je souhaite tendre vers cet idéal
C’est radical : je préfère mourir pauvre et en paix que riche et prisonnier de mes angoisses.
Ce que j’ai appris
De cet effondrement, j’ai retenu plusieurs choses simples, mais vitales :
La stabilité émotionnelle ne viendra jamais de l’extérieur.
Tant que je cherchais à la trouver dans la reconnaissance, dans la réussite, dans les modèles établis, je m’égarais.L’angoisse est un signal, pas un accident.
Elle me montrait que je vivais à côté de moi-même, dans des choix qui n’étaient pas alignés.La vraie richesse, c’est le vivant.
Ce qui nourrit, ce qui relie, ce qui fait sens. Pas ce qui est aseptisé ou normatif.
Et pour toi ?
Si je partage ça aujourd’hui, ce n’est pas que pour raconter ma vie.
C’est parce que je sais que beaucoup ressentent la même fatigue, sans toujours mettre des mots dessus.
Peut-être que toi aussi tu te sens coincé dans des routines dans lesquelles tu ne te reconnais plus.
Peut-être que tu avales des produits ultra-transformés sans y penser.
Peut-être que tu t’anesthésies dans des relations compliquées, dans des jobs creux, dans des pensées où la narration interne est négative.
Et peut-être que, comme moi, tu sens confusément que ça t’étouffe.
La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas besoin de tout renverser d’un coup.
Tu peux commencer petit.
Trois pistes concrètes
Observe.
Liste ce qui, dans ta vie, te semble désuet, vide de sens. Ça peut être un aliment, une habitude, une relation, des pensées en boucles. Écris sans filtre.Coupe.
Choisis-en une. Rien qu’une. Et décide de l’éliminer. Radicale simplicité.Nourris.
Remplace-la par un gesteun repas brut, préparé simplement
une marche en nature, une séance de sport
10 minutes de respiration consciente
un échange sincère sans masque avec quelqu’un de proche
une douche froide
une méditation guidée
un dessin ou lire tout simplement
C’est comme ça que ça commence : par un geste minuscule.
Pour terminer
Mon effondrement de novembre 23 a été un enfer. Mais c’est aussi le plus beau cadeau que la vie m’ait fait.
C’est lui qui m’a obligé à me transformer profondément et trouver du sens dans une vie qui en manquait crument. C’est lui qui a posé la première pierre de ce que je construis aujourd’hui.
Dans la prochaine newsletter, je partagerai ce que le “lâcher-prise” m’a ouvert comme portes. Mais d’ici là, je te pose une question simple : Est ce que tu ressens au fond de toi que la vie a du sens ? Cela me ferait plaisir de te lire, même juste un mot.
#vivant #baobab #hormèse #conscience #nature #autonomie




Comme ce que tu écris me parle Jalil.
Je suis dans cette phase d'effondrement intérieur où plus rien n'a de sens et ce que tu nous dis résonne très fort en moi. Tous ces culs de sacs émotionnels, cette envie que tout change sans avoir l'énergie de passer à l'action pour enclencher un micro mouvement car la peur et la paralysie de l'analyse figent tout, y compris les rêves et l'espoir.
Cette anti conformisme plutôt de base saine chez moi se retrouve au contraire totalement paralysé et asphyxié par un monde de norme et de contrôle total. Que le monde soit tel qu'il est ne me dérange pas en soit mais ce monde refuse et veux contrôler par la norme celui qui veut un peu s'en écarter sans demander rien à personne.
Oh Gosh !!! Quelle puissance dans ce texte !
J'ai senti que je l'ai lu avec les cellules de mon corps plus que ma tête. Merci pour ce moment, ça a résonné très fort.
J'aime beaucoup l'invitation simple que tu nous fait au final. Un premier geste. Un premier petit pas.